Monday, December 19, 2016

Peyrolle Wilfried, CCI n°3: analyse de carte

Peyrolle Wilfried  
L1 LLCE Chinois


Civilisation Chinoise CCI n°3 :
Analyse de carte

Le document étudié est une carte intitulée « Les contacts de la Chine des Ming avec le monde extérieur ». Elle décrit les changements importants ayant eu lieu en Asie de l’Est entre 1368 et 1644. Elle traite de l’entrée dans la mondialisation de la Chine des Ming (明朝) avec les sept expéditions de Zheng He et le commerce avec les Portugais. Puis, elle traite les conflits avec les pirates japonais [1] (wōkòu - ) sur la côte Est de l’Asie ainsi que les conflits entre la Chine et la Mongolie. Nous n’avons aucune information sur la carte, que ça soit sur l’auteur ou sa provenance. Nous pouvons remarquer un manque de sérieux dans son élaboration avec l’absence d’échelle. La problématique sur laquelle nous allons nous pencher concerne la première mondialisation ibérique. Nous traiterons dans un premier temps le commerce international opéré par les Portugais, puis dans un second temps de l’arrivée de la Chine dans la mondialisation avec les premières expéditions maritimes et le commerce extérieur.

Après avoir passé le cap de Bonne-Espérance en 1488 et contourné l’Afrique, les Portugais guidés par Vasco de Gama arrivent en Inde en 1498, et créent en 1510 le comptoir de Goa reliant le Portugal à l’Inde. En 1557, ils acquièrent le premier comptoir commercial en Chine, à Macao [2] (澳门).  Nous pouvons nous apercevoir qu’ « un circuit commercial s’est ainsi créé. […] Les Portugais s’appuient davantage sur une politique de comptoirs qui servent à la fois d’escales commerciales et d’interfaces avec les territoires abordés […] en Asie. » [Hanotin, 2013]. Les convois marchands partent de Goa et se dirigent vers Macao avec des épices et des pierres précieuses. Ils achètent par la suite de l’or, de la soie et des porcelaines puis prennent la direction du Japon. Comme le définit Nicolas De Neymet, un mouvement de « va et vient » se met en place et les « marchandises, objets de luxe, connaissances scientifiques acquièrent une nouvelle valeur par leur incorporation dans la société européenne. » [De Neymet, 2005 : 248]

La Chine est intégrée à la mondialisation par les Portugais, mais si nous nous concentrons sur le point de vu des Chinois, alors nous pouvons nous apercevoir qu’elle fait déjà partie de ce système.

La carte montre le chemin emprunté par Zheng He (郑和) lors des sept expéditions entre 1405 et 1433. « Ces expéditions ont un caractère “massif ” […] et les résultats sont uniquement d’ordre diplomatique ». [Duteil, 2001 : 60] Les Ming montrent au monde qu’ils sont puissants, sur terre comme sur mer. Par ailleurs, ils n’ont pas hésité à profiter de leur puissance afin de trouver de nouveaux pays tributaires [3].
La carte n’omet pas de parler de la puissance terrestre pour protéger le territoire et montre les attaques des Ming contre les peuples Mongols. Suite à l’arrêt des expéditions maritimes, la Chine s’est concentrée sur la partie Nord du territoire, notamment avec la restauration de la Grande Muraille afin de se protéger d’éventuelles attaques venues du Nord. Néanmoins, le document ne mentionne en aucun cas les mesures prises par le gouvernement afin de se protéger des pirates japonais qui ravagent l’Asie. Il n’y a aucun détail qui évoque les déplacements forcés de la population sur plusieurs kilomètres le long du littoral Est. Elle se contente de montrer que la Chine est une des cibles des attaques des pirates japonais. Il est intéressant de noter que les Portugais sont d’une grande aide pour les Chinois lors de ces raids, comme dans la province du Guangdong (广东).  Les attaques dirigées vers la Corée, notamment celles exécutées par Toyotomi Hideyoshi [4] sont aussi présentes sur la carte. Par ailleurs, de par le manque d’information sur la carte nous pouvons penser que toutes les attaques sont directement orchestrées par l’état japonais. Hors, les pirates ne dépendent en aucun cas du gouvernement japonais.

Cette carte montre que la Chine a une place importante dans la première mondialisation. En effet, comme nous l’avons constaté, c’est un point géographique stratégique pour les marchands européens. C’est une zone riche en marchandises et un excellent point de ravitaillement (comptoir de Macao et arrêt à Taïwan avant de se diriger vers le Japon).  Il aurait cependant été intéressant de préciser sur cette carte le cheminement de la route (terrestre ou maritime) de la soie ainsi que les rapports avec les pays de l’Ouest, mais l’auteur s’est contenté de porter notre attention sur la façade maritime et les flux qui y transitent. Néanmoins, nous pouvons tout de même voir grâce au périple de Zheng He et au commerce effectué avec les Portugais que la Chine a mis un pied dans la première mondialisation.
            Bien que la carte ne soit pas d’une qualité optimale par son manque d’informations (notamment sur terres) et son élaboration (absence d’échelle), il reste possible d’en retirer des problématiques intéressantes. Néanmoins, il faut préciser que la durée couverte est trop importante pour que la carte puisse être d’une précision parfaite. Nous pouvons voir que d’après cette dernière Beijing est la capitale. Hors, au début de la dynastie Ming, la capitale se situe à Nankin, ce qui n’est pas précisé. Preuve que la temporalité est trop importante pour donner de la précision.


Bibliographie


Angheben, Lucie, Cours de civilisation coréenne, université d’Aix-Marseille, 2016
De Neymet, Nicolás, « Serge Gruzinski, Les quatre parties du monde. Histoire d’une mondialisation [compte rendu] » dans Caravelle, volume n°85, numéro 1, 2005, pp. 246-248
Duteil, Jean-Pierre, L’Asie aux XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles. Paris : OPHRYS, 2001, 160 p.
Hanotin, Guillaume, La péninsule Ibérique et le monde : des années 1470 aux années 1640. Paris : Sedes, 2013, 288 p.




[1] Les wōkòu ne sont pas exclusivement constitués de pirate japonais. Nous savons qu’au fil du temps des chinois ainsi que des coréens ont rejoint ces pirates.
[2] La Cidade do santo Nome de Deux de Macau (ville du saint nom de dieu Macao)
[3] Aux yeux des Ming les pays voisins étaient des états vassaux obligés de verser des tributs en signe de reconnaissance de leur soumission.
[4] Guerre Imji : 1592-1598. Le Japon attaque à deux reprises la Corée avec environ 200 000 hommes. Il perd une première fois grâce à la stratégie du bateau tortue du général Yi Sun-sin, puis la seconde fois il se retrouve contraint de retourner au Japon suite à la mort de Toyotomi Hideyoshi. [Angheben, 2016]

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