Tuesday, December 20, 2016



SCAVINO                                                                                                                 LLCER Chinois L1
MARIE ALICE

Commentaire d’image devoir final

            Le document que nous allons étudier est une peinture sur rouleau de Gu Hongzhong, un peintre chinois qui vécu durant la période des Cinq Dynasties et des Dix royaumes et qui aurait potentiellement exercé cette profession à la cour de l’empereur Li Houzhu. Nous n’avons pas d’information supplémentaire concernant le document en lui-même quant à savoir ses dimensions, les techniques utilisées, la date de réalisation et le contexte de création en dehors de la légende fournie sous l’illustration.  De ce fait, nous pouvons nous demander comment l’artiste a réussi à refléter  l’élite chinoise  sous la dynastie Song à travers sa peinture. Pour ce faire, nous décrirons cette dernière, nous l’analyserons et essayerons d’en tirer quelques hypothèses quant à  la problématique posée.

            La peinture de Gu Hongzhong représente plusieurs personnes entrain de dîner et de se divertir, réunies autour d’un grand banquet. La manière dont les personnages sont vêtus et l’intérieur dans lequel ils se trouvent montrent bien que la scène se passe dans la Chine ancienne et comme la légende l’indique,  sous le règne de la  dynastie des Song, au Xème siècle.  Nous pouvons diviser la peinture en deux parties égales  ou bien en trois parties distinctes, faisant presque penser à un  triptyque. En effet,  on peut séparer le lit sur la droite  qui est totalement isolé et semble représenter d’une certaine manière, une  frontière entre la soirée qui se déroule et le moment du coucher une fois les festivités terminées. La partie centrale du tableau est celle qui attire le plus l’œil dans la mesure où si nous si l’on traçait les deux diagonales, leur intersection se trouverait en plein milieu de la table de banquet, ce qui établirait une symétrie et couperait le tableau en deux parties égales.
Nous observons qu’il y a sept hommes sur cette peinture pour seulement cinq femmes. L’hôte pourrait être l’homme vêtu de rouge dans la mesure où il diffère des autres hommes habillés en noir, mais cela ne reste qu’une supposition infondée.  Les couleurs dominantes sont le noir, le blanc et le rouge. Le noir représente généralement la mort, mais ici, il pourrait représenter le pouvoir. En effet, six hommes sur sept sont habillés tout en noir. Nous savons grâce au texte du dessous, que ces hommes sont riches. Effectivement, ils sont très raffinés et possèdent  de beaux tissus, des coiffes, des ornements pour les cheveux, du vin, dégustent de thé,  de la nourriture abondante, tout cela servi dans de la très belle vaisselle en porcelaine, du mobilier de grande qualité qui est très imposant ainsi que des chaises à dossiers. Les meubles occupent une place prépondérante dans le lieu de réception (on peut même constater que la proportion de ce qui semble être un lit ou un canapé noir est faussée dans la mesure où la jeune fille à côté parait minuscule, ce donne un effet de démesure, ce que Gu Hongzhong cherchait sûrement à faire remarquer) ;  et nous savons que plus les meubles sont nombreux et grands, plus le statut social est élevé. De plus, ils peuvent embaucher des femmes pour les servir, ce qui montre largement leur puissance sociale. Le rouge  est  connu pour représenter l’amour. On retrouve cette couleur sur le lit pour représenter la liaison amoureuse, sur le côté gauche en arrière plan, le rouge encadre la jeune femme, ce qui est tout de même paradoxal car les chinoises sont  toutes en robe blanche, couleur qui est pourtant censée représenter la pureté et la virginité. Elles éclairent  beaucoup la peinture et attirent  le regard des spectateurs, d’autant plus qu’elles sont placées à côtés des hommes en noirs et semblent totalement inférieures aux hommes dans la mesure où elles sont excessivement petites, les cheveux attachés, étant à leurs côtés seulement pour les servir, ce qui démontre bien le peu de considération envers celles-ci, à l’époque soumise à la gente masculine. De surcroît,  les femmes semblent avoir pour devoir de  divertir les hommes qui, pour la plupart, écoutent  la jeune fille sur l’extrémité de gauche jouant ce qui semble être un pipa. En effet, les personnes aisées de l’époque s’intéressaient particulièrement aux activités intellectuelles et artistiques comme le prouve également les peintures sur les murs.
Gu Hongzhong ne révèle absolument aucune émotion sur le visage de ces personnages ce qui est assez perturbant car nous ne pouvons donc pas interpréter leur ressenti. Ils sont tous très neutres et ne laissent rien transparaître. Ce doit être volontaire de la part du peintre qui veut surement refléter les tensions politiques et sociales auxquels l’empire chinois à pu être confronté.

            Au terme de notre étude, nous avons vu que Gu Hongzhong, par l’intermédiaire de multiples procédés picturaux, tels que le choix de couleurs symboliques, la démesure, l’élégance et la luxure, montrent bien que l’artiste a voulu dépeindre la condition de vie  et les habitudes de l’élite sous la dynastie Song. 

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