Tuesday, December 20, 2016

L1 LLCE Trilingue 
Laura Doddi 
Analyse de carte

Le document que nous allons étudier est une carte intitulée « Les contacts de la Chine des Ming avec le monde extérieur ». Elle est dénuée d’échelle ainsi que d’informations relatives à son origine, son auteur, sa source et sa date de création. Le seul repère temporel que nous possédons est une référence à la dynastie Ming, qui s’étale sur près de trois siècles. Géographiquement, la carte est centrée sur l’Asie de l’Est et du Sud, ce qui nous permet d’avoir une vue d’ensemble des pays frontaliers de l’empire Ming. Elle met en avant les échanges maritimes et les relations de la dynastie avec ses voisins parmi les pays les plus éloignés. Notre analyse cherche à démontrer comment la mer est un enjeu majeur dans la prises de pouvoir en Asie de l’Est. Nous mettrons en avant tout d’abord l’importance de la mer par le commerce, puis la volonté d’expansion des Ming.

La carte nous présente les flux de marchandises à l’importation et à l’exportation de la Chine des Ming (1368-1644). On peut observer notamment les expéditions portugaises, sans que nous soient précisées les dates. Nous savons cependant que ces-derniers commencent à entrer en Asie seulement à la fin du XVème siècle. En passant par l’Inde, les Portugais se dirigent vers la Chine, Taiwan et enfin au Japon. La seule date que l’on peut observer est celle où la Chine cède Macao au Portugais en 1557, après que ceux-ci aient vaincus les pirates japonais qui sévissent dans la région.
Nous pouvons observer les routes « des raids » de pirateries japonaises. Partant du Japon, ils prennent différentes directions : Corée, Nord-Est de la province du Shandong, côte Est du Zhejiang et Sud, dans la province du Guangdong. Ils commencent au début du XVIème siècle et vont en s’amplifiant. Ils sont nommés « Wokou », dont l’étymologie signifie nain. Les équipages ne sont pas seulement constitués de Japonais, mais également de Chinois. Ces raids atteignent entre 1540 et 1565 leur plus forte intensité. Cette évolution peut être associée à la rivalité entre les Mings et des Etats rivaux, mais aussi grâce à l’essor des échanges maritimes.
Les routes principales des voyages de Zheng He font référence à des expéditions maritimes. En effet, l’empereur Yongle (1403-1424) ordonne six expéditions menées par l’eunuque Zheng He (1371-1434). La septième est cependant ordonnée par son successeur. Elles débutent en 1405 et se terminent en 1433. Composées de grandes jonques, elles transportent plus de 20 000 hommes vers de nombreux pays et royaumes tels que le Sud de Vietnam, le Siam, le Myanmar, Ceylan ou encore l’Inde. Ces expéditions ont pour ambition de ramener des produits locaux, de l’artisanat et autres animaux des pays ou royaumes visités, contre des produits.

Ces expéditions, en plus d’avoir pour but des échanges commerciaux, permettent d’étendre le rayonnement de la Chine.

Les expéditions chinoises permettent à l’empire Ming d’exposer leur influence en Asie et d’acquérir du prestige. Tout en montrant leur suprématie navale, la dynastie Ming fait connaitre sa culture par le biais, entre autres, de ces grandes entreprises maritimes. Dans Le monde Chinois page 351, Jacques Gernet qualifie la Chine des Mings de « grande puissance maritime de l’Asie ». Cela conduit à la création de pays ou royaumes tributaires de la Chine, mais aussi d’ambassades des pays visités dans des villes chinoises comme celle de l’Egypte à Nankin.
L’empire Ming ne se contente pas d’étendre son influence par-delà les mers, mais mène des campagnes contre les Mongols. Une fois de plus, la carte est dénuée de date sur ces assauts menés contre les peuples du Nord. Il nous est donc impossible de savoir à partir de la carte seulement à quel moment du long règne des Ming ces attaques ont lieu. Nous savons cependant que les seules campagnes menées contre les Mongols se sont déroulées sous le deuxième empereur Ming : Yongle, entre 1409 et 1424.
La carte représente la délimitation de l’empire Ming à son apogée. Mais à quel moment ? Les différents empereurs ont entamé des politiques d’expansion du territoire comme par exemple les campagnes contre les Mongols au Nord, qui ont abouti à la conquête de la Mandchourie jusqu’au fleuve Amour. Or, sur cette carte, le territoire chinois est délimité un peu au Nord du Liaoyang. Cela ne peut que nous laisser perplexe quant à la temporalité utilisée par l’auteur du document.

Dans le contexte historique des Ming, la mer prend une importance plus grande. Reflet d’une première ouverture sur le monde, les nombreux échanges maritimes traduisent d’une implication des pays sur l’influence qu’ils ont sur les autres royaumes. Bien que la carte présente de nombreuses informations, elles sont présentées de manière incomplète, car dénuées de temporalité claire
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Bibliographie

-        Jacques Gernet, Le monde Chinois, page 345-351 et 365-367
-     Macao, une province portugaise en terre chinoise page 85-94 sur http://www.persee.fr/doc/polit_0032-342x_1956_num_21_1_6180 

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