Tuesday, December 20, 2016

Essai sur un extrait de texte
        Ce texte est un extrait des Entretiens de Confucius écrits pendant la période des Printemps et des Automnes jusqu'à la période des Royaumes Combattants. Confucius était un philosophe chinois ; né en 551 av. J-C et mort en 459 av. J-C. Il vécut dans une période de tensions et d'instabilités, mais restera loyal à la dynastie des Zhou. Cet extrait met en avant le deuxième chapitre de ses entretiens, et recueille quatre de ses citations. Confucius est alors mentionné en tant que "Maître", et ses dires sont mis en avant par une narration externe.
        Ces quatre paroles de Confucius font part de ses pensées quant à la bonne gestion du peuple, à la place prédominante que tient la Vertu dans sa philosophie, et son propre cheminement vers le paroxysme de sa pensée, de ses quinze ans jusqu'à ses soixante-dix ans.
        À travers cet extrait, nous allons alors nous demander quels sont les quelques fondements du Confucianisme exposés ici. Pour cela, nous allons travailler avec un plan explicatif pour étudier les citations du philosophe cas par cas.

        Dans la première citation, il est question du dirigeant du peuple. Confucius voyait en l'empereur un homme responsable de son peuple, devant lui montrer l'exemple et qui se doit d'être vertueux pour que son peuple le soit aussi. L'exemple qu'il donne ici compare l'empereur à l'étoile polaire. Il faut savoir que l'étoile polaire en Chine était assimilée à l'empereur ; elle indique un pôle céleste autour duquel tout tourne. La comparaison de Confucius ici est donc bien fondée puisqu'elle se rapporte à une croyance de son époque. Le rôle de l'empereur était alors identifié comme tel du fait que l'étoile polaire est celle qui est le plus visible à l'œil nu et que les autres étoiles, depuis la Terre, semblent tournaient autour de celle-ci immobile. Ainsi, selon Confucius la corrélation est juste puisque l'empereur est le point culminant de l'empire et son peuple se meut autour de lui.
        Dans la deuxième citation, le philosophe fait référence au Livre des Odes de Cheu King. Ce recueil, originellement appelé Shi Jing, est composé précisément de trois cents cinq poèmes. Le Maître en a toujours fait de grandes éloges, et il l'évoquait souvent dans son enseignement. Le recueil fait parti des six Classiques fondamentaux pour la culture de chaque individu, selon Confucius qui prêchait l'effort constant nécessaire pour cultiver sa personne et "établir ainsi l'harmonie dans le corps social". Ici, il cite le Shi Jing en proclamant un résumé de toutes ces odes. "Avoir des intentions droites" signifierait alors que ce recueil prône une droiture de l'esprit. Connaissant la pensée du philosophe, le Shi Jing et ses autres Classiques sont de paires avec la notion du ren, essence-même de l'homme. L'étude des Classiques et la recherche du ren sont les axes principaux de l'enseignement du Maître.
        Concernant la troisième citation, elle remet en avant le rôle du prince. Ici, Confucius évoque de quelle manière l'empereur devrait agir pour que le peuple agisse en accord avec celui-ci. Le Maître déclare alors que c'est la Vertu du prince qui rend son peuple vertueux. Cette troisième citation rejoint la première qui évoquait l'empereur comme l'étoile polaire, centre de gravité des autres étoiles. La Vertu de l'empereur implique son assimilation du ren. Confucius dira également : "La Vertu du prince est comme le vent ; celle du peuple est comme l'herbe. Au souffle du vent, l'herbe se courbe" (XII.18.). Cela montre bien que pour que le peuple soit diligent et vertueux, l'empereur se doit de l'être avant tout, tout en exerçant un pouvoir avec des moyens exemplaires basés notamment sur les rites. L'enseignement du philosophe explique donc que l'oppression du peuple par des châtiments et des lois ne donnera qu'un peuple éhonté et probablement irrespectueux.
        Pour finir, la quatrième citation parle du Maître-même. En effet, il révèle avoir commencer à étudier la sagesse à quinze ans. Il est vrai que c'est à cet âge-là que Confucius décida de consacrer sa vie au Savoir. A trente ans, il marchait "d'un pas ferme dans le chemin de la Vertu". Trente ans refléterait l'entrée vers l'âge adulte. Confucius serait alors entré dans cet âge avec pour principes sa propre philosophie du ren, autrement dit il y serait entré tout en étant sur le chemin de la recherche de son propre "soi". A quarante ans, cette démarche fut finit puisque le Maître affirme posséder "l'intelligence parfaitement éclairée". La pensée du philosophe est alors ferme et sa vision, ses pensées, sa Voie sont claires et aucuns doutes ne persistent plus quant à elles. A cinquante ans, sa maîtrise des lois de la Providence, aussi appelées Décret céleste, traduit sa connaissance du Monde qui l'entoure et des évènements célestes qui surviennent à n'importe quel moment de notre vie. Cette maîtrise lui vaut la sagesse d'accepter tout ce que la vie peut lui réserver. A soixante-ans, son expérience lui permet de comprendre tout ce qu'il entend, "sans avoir besoin d'y réfléchir". Cela traduit qu'après soixante-ans d'existence et d'assimilation du Savoir, le Maître a une réelle compréhension des choses sans pour autant mettre de l'effort pour y parvenir. Et à soixante-dix ans, "en suivant les désirs de [son] cœur, [il] ne transgressait aucune règle". Cet âge serait alors l'âge durant lequel le Maître a atteint la sagesse ultime. Ne plus se soucier des règles traduit une assimilation parfaite de celles-ci, faisant désormais parties du cœur du philosophe.

        En conclusion, nous pouvons dire que les fondements du Confucianisme sont exposés en grande partie à travers ces quatre citations. Bien que la doctrine du Maître soit plus longue et compliquée à approcher, ses principes fondamentaux restent la notion de ren (la Vertu) et l'éducation.


Sources :

www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Confucius/114369
https://www.chineancienne.fr/début-20e-s/saussure-le-système-astronomique-des-chinois/
www.notesdumontraoyal.com/note/164
www.reussirenchine.com/article-une-vie-reussie-en-6-etapes-selon-confucius-77304409.html

Larousse six volumes en couleurs, Tome 2

KIROFFO Adèle
L1 - LLCE Trilangue

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