Tuesday, December 20, 2016

CLEMENT Céline Essai sur le texte Les entretiens de Confucius, extraits Chapitre II

CLEMENT    Céline                                               LLCE Trilingue L1

Essai sur le texte Les entretiens de Confucius, extraits Chapitre II :


Confucius (-551, -479) est un penseur chinois qui a donné son nom à une doctrine : le confucianisme, largement suivie dans la Chine d’aujourd’hui avec deux autres courants de penser, le Taoïsme et le Bouddhisme.
Les pensées de Confucius et celles de certains de ses disciples ont été retranscrites dans un ouvrage intitulé Les entretiens de Confucius. Dans cet essai, on s’intéressera aux quatre premiers extraits du chapitre II.
Dans quelle mesure les préceptes de Confucius ont-ils été suivis ?
Tout d’abord, nous verrons le contexte qui a donné lieu à la pensée de Confucius et quels en étaient les objectifs avant de nous intéresser au fait que ces objectifs ont été atteints pour la première fois par une doctrine diamétralement opposée. Enfin, nous aborderons le confucianisme dans le cadre du monde contemporain.

Confucius a vécu dans la période des Printemps et des Automnes de -771 à -453. Cette période a été mouvementée car aucun des six états (Qi, Jin, Chu, Qin, Wu, Yue) n'arrivent à exercer une hégémonie durable et à regrouper tous les états sous sa coupe, entraînant progressivement la Chine dans une phase de conflits. Cette instabilité politique est due à la fragmentation du territoire, des jeux d’alliances et une lutte pour le pouvoir. La fin de cette période est marquée par des rivalités de plus en plus violentes et la naissance d’une pensée novatrice celle de Confucius, motivée par ce contexte désastreux.
Sa volonté étant de ramener l’harmonie et la paix des temps anciens en appliquant une nouvelle façon de penser. L’homme serait au centre des préoccupations entre Ciel et Terre. Le monde chinois serait alors unifié et une nouvelle politique appliquée. Cette politique serait basée sur un homme avec des « qualités princières » pour gouverner le peuple. Confucius enseigne à ses disciples dans le chapitre II extrait 1 et 3 que pour bien gouverner, il faut rendre son peuple vertueux. Ceci ne peut être fait que si le « prince » est lui-même vertueux et sage tel « l’étoile polaire » qui guide et devient une référence pour « les autres étoiles ». Un peuple vertueux garantit une union que le prince doit régler à l’aide de rites par exemple la piété filiale qui lie un peuple par une tradition commune. Cependant, « avoir des intentions droites » (extrait 2) est un véritable processus d’apprentissage à tout âge (extrait 4).
Confucius, muni de ses idées novatrices, va voyager de royaume en royaume et proposer ses services en tant que conseiller pour faire appliquer ses idées. Mais ses préceptes ne sont pas suivis. Il réussit seulement à rassembler autour de lui quelques disciples.

            L’objectif principal du confucianisme est d’apporter la stabilité politique en y intégrant une valeur morale : un homme vertueux gouverne et maintient son peuple par le rayonnement de sa propre vertu, il exerce ainsi son pouvoir.
Cependant, en -221, alors que les royaumes dissolus de la période des Royaumes Combattants sont toujours en conflit, un clan celui des Qin prend le dessus par la force. Le futur empereur Qui Shi Huangdi mène les Qin à rassembler sous un même empire les six autres clans en conflits. Une nouvelle ère commence celle de la dynastie Qin avec un pouvoir politique basé sur le tout premier empereur mais aussi sous le signe d’une unification. Les Qin vont mettre en place un système administratif commun, placer leur dynastie sous une même couleur, le noir, unifier les poids et les mesures et faire régner l’ordre par le système d’un code fonctionnant sur la base de lois et de châtiments sans avoir recours à la vertu. Or, Confucius condamne ces pratiques dans l’extrait 3 comme un mauvais exercice du pouvoir. Ainsi, bien que la dynastie Qin ne suive pas les préceptes confucéens, cette dernière a pourtant atteint l’objectif de Confucius pour la première fois en unifiant le territoire et en maintenant un pouvoir politique de -221 à -206.

            Néanmoins, les principes confucéens sont revenus au goût du jour lors de la mise en place des examens impériaux afin de sélectionner les lettrés qui feraient partie de la haute administration de 605 à 1905. Les examens se basaient sur les Cinq Classiques remaniés par Confucius imprégnant la société chinoise. Cependant, ses valeurs se ternirent avec l’arrivée du communisme de Mao Zedong et de sa politique du Grand Bond en avant de 1958. Cette campagne utilisait la propagande et la coercition de la population pour stimuler la production par collectivisation des terres et le secteur industriel, politique très éloignée des principes moraux confucéens.
Mais dès la fin des années 80 et suite à la création en 2004 des Instituts Confucius, le monde universitaire a aidé au retour du confucianisme dans le monde politique. En effet, Hu jintao président chinois de 2003 à 2013 a utilisé des arguments confucéens pour appeler le Parti Communiste Chinois à l’unité lors d’un discours en 2005.
Le retour du confucianisme a surtout permis de diffuser en Occident l’idée d’une puissance chinoise aux principes moraux mais cette idée semble illusoire quand on regarde les motivations du Parti Communiste Chinois. Certes, le parti veut créer un confucianisme d’Etat mais la méritocratie au centre de la politique confucéenne est bafouée par la corruption.


            En définitive, les préceptes confucéens sont basés sur une politique morale très innovante qui n’a pas trouvé écho à l’époque de Confucius. Ses principes n’ont pas été appliqués pendant la dynastie Qin mais l’objectif d’un empire unifié a quand même vu le jour. Plus récemment, ces principes ont été mis en avant pour rassembler la population chinoise sous un même parti politique dans un objectif douteux vis-à-vis de la vertu confucéenne c’est-à-dire pour non pas bien exercer le pouvoir mais pour le conserver. 

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