Tuesday, December 20, 2016

Analyse de texte: Extraits des Entretiens de Confucius

BIRRITTIERI Justin
L1 psycho

Essai document 3: Extraits des Entretiens de Confucius

À travers l’Histoire, les hommes ont démontrés leurs incapacités à contrôler les pulsions destructrices qui brûlent en eux si ces derniers n’étaient pas canalisés par une autorité. Un seul de ces hommes doit pourtant transcender sa nature afin d’obtenir la lucidité nécessaire pour gouverner ses semblables, désigné par ces semblables pour les diriger vers une ère prospère de même qu’une meute accepte le loup le plus dominant à leur tête, le régent doit être aussi tranchant que clairvoyant. Quelles qualités un Maître doit-il posséder pour gouverner un peuple ? Dans un premier temps nous étudierons la vertu abordée par le document dans une évolution permanente de l’individu, puis nous dégagerons une analyse sur la légitimité de s’autoproclamer régent au nom cette vertu.

Tout d’abord, le texte s’exprime à travers le thème de la vertu d’un « Maître ». Notamment dans la citation 1 La morale est sollicitée : le régent doit « donner de bons exemples » ; « Avoir des intentions droites » (citation 2). Il est de son devoir de refléter la rigueur, de briller d’inspiration pour le peuple. Les actions de l’empereur influenceraient alors la perception des individus et par conséquent leurs esprits. La citation 3 s’appuie sur une comparaison entre deux méthodes : l’une où le Prince contrôle ses sujets par les lois et les sanctionnent en cas de transgression, et une autre où il utilise son comportement exemplaire pour montrer la voie. La première conditionnerait l’homme à ne pas faire le mal sous peine de punition, celui-ci ne s’abstiendra pas par vertu mais par peur d’être châtié. La seconde situation appâterait les sujets : le Prince vertueux est un exemple à leurs yeux, se rapprocher de ces valeurs signifierait se rapprocher d’un titre honorable, il n’existerait alors plus de raisons qui les pousseraient à faire le mal. Ensuite, la citation 4 illustre les précédents arguments implicites en inscrivant l’ensemble de ces valeurs au fil d’une existence entière. 

Le régent s’appliquerait à nourrir son évolution spirituelle pendant toute la durée de son règne, étudiant la sagesse très jeune jusqu’à l’obtention d’une clairvoyance inébranlable. Nous avons étudié le thème principal abordé dans ce document, la problématique soulevée par ces arguments est rigoureuse et remet en question la manière de diriger un peuple. Cependant cette théorie révèle de nombreuses faiblesses et contradictions concernant la vertu cardinale décrite…

La légitimité de s’autoproclamer régent au nom de la vertu peut se retrouver compromise. En effet, comment un empereur peut-il diriger son peuple par flexibilité vertueuse alors que le fondement de son titre est né de sa propre suprématie ? « L’homme est un loup pour l’homme » Hobbes. En dehors de la civilisation, la loi du plus fort l’emporte. Seul le plus agressif, le plus machiavélique, le plus dominant prendra la tête du groupe. La vertu n’a pas sa place dans ce système implacable. Imaginer qu’un peuple entier puisse se rapprocher de près de leur empereur reviendrait à défendre une cause utopique car c’est dans cette distinction entre le roi incontesté et le paysan sujet que l’assurance d’un certain ordre se dessine. De plus, la citation 4 décrit l’évolution du régent de façon paradoxale : « à quinze, je m’appliquais à l’étude de la sagesse »… « À quarante ans, j’avais l’intelligence parfaitement éclairée ». La sagesse admet-elle qu’un homme à l’intelligence parfaitement éclairée puisse exister ? Un régent vertueux ne doit-il pas faire preuve d’humilité ? 
« À soixante ans, je comprenais, sans avoir besoin d’y réfléchir, tout ce que mon oreille entendait ». Nourrir son évolution spirituelle, c’est aussi remettre en permanence le monde en question, une actualisation constante des cartes que forme notre esprit, peu importe l’âge, un roi ne peut au nom de son expérience ; prétendre comprendre le monde dans toutes les situations sans démarche réfléchies. Nous avons éclairé les faiblesses du texte, par conséquent, comment identifier les véritables qualités requises pour régner sur un peuple si la vertu et le vice ne peuvent coexister ?

« Il y a deux manières de combattre, l'une avec les lois, l'autre avec la force. Le premier est propre aux hommes, l'autre nous est commune avec les bêtes. » Nicolas Machiavel. Le philosophe italien de la Renaissance induit qu’il faut choisir l’une des deux, pourtant le document accepte la possibilité d’associer la suprématie et la vertu. Cette coexistence serait-elle possible si l’homme parvenait à maîtriser sa nature sauvage et féroce ? Dans ce cas il n’aurait plus besoin d’un régent ou de lois. Du moins, la signification du titre honorifique changerait, l’empereur deviendrait un éducateur de la pensée. La vertu dans ce contexte, deviendrait accessible à tous les peuples…

Pour conclure, les qualités requises pour diriger un peuple sont de natures ambivalentes. Le régent doit avoir en lui les vices qui amèneront le peuple à le choisir inéluctablement ; l’intransigeance, la fermeté et l’audace lui permettra d’assurer l’ordre et la survie de son peuple. La clairvoyance, l’expérience et rigueur lui permettra d’assurer sa légitimité.


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